La poursuite des contrats en cours en procédure collective

Un contrat en cours n’est pas résilié du seul fait de l’ouverture d’une procédure collective : sa poursuite obéit à des règles précises.

Lorsqu’une entreprise entre en procédure collective, les contrats en cours ne sont pas automatiquement résiliés : leur sort dépend d’une option exercée par l’administrateur, le débiteur ou le liquidateur selon la procédure concernée.

Notre cabinet, intervenant partout en France, vous accompagne dans l’analyse de cette option et dans le traitement du dossier, que vous soyez le cocontractant ou l’organe chargé de la procédure.

Le principe : pas de résiliation automatique du seul fait de l’ouverture

L’article L622-13 du Code de commerce pose un principe d’ordre public : aucune résiliation ou résolution d’un contrat en cours ne peut résulter du seul fait de l’ouverture de la procédure.

La loi neutralise les clauses contractuelles prévoyant la résiliation automatique en cas d’ouverture d’une procédure collective.

Le cocontractant doit exécuter ses obligations malgré les manquements du débiteur antérieurs au jugement, ces derniers relevant du passif à déclarer plutôt que d’un motif de résiliation. Une clause résolutoire déjà acquise et devenue définitive avant le jugement d’ouverture conserve en revanche ses effets.

Qui exerce la faculté de poursuivre le contrat ?

La décision de poursuivre ou non un contrat en cours appartient à l’organe compétent selon la procédure et la présence ou non d’un administrateur.

Le titulaire de l’option selon la procédure :

  • En sauvegarde ou en redressement judiciaire avec administrateur désigné, l’administrateur a seul la faculté d’exiger l’exécution du contrat
  • En l’absence d’administrateur, le débiteur exerce cette faculté, après avis conforme du mandataire judiciaire
  • En liquidation judiciaire, cette faculté appartient au liquidateur

Les modalités de la poursuite du contrat

Lorsque la prestation porte sur le paiement d’une somme d’argent, celui-ci doit en principe intervenir au comptant, sauf si le mandataire ou le liquidateur obtient l’acceptation de délais par le cocontractant. Pour les contrats à exécution échelonnée dans le temps, l’organe compétent peut également décider d’y mettre fin s’il estime ne pas disposer des fonds nécessaires pour honorer les échéances à venir.

La mise en demeure et la résiliation de plein droit

Le cocontractant qui souhaite obtenir une réponse peut mettre en demeure le mandataire, le débiteur ou le liquidateur de se prononcer sur la poursuite du contrat. À défaut de réponse dans le délai d’un mois suivant la réception de cette mise en demeure, le contrat est résilié de plein droit. Le juge-commissaire peut réduire ce délai ou le proroger, dans la limite de deux mois. Le défaut de paiement d’une échéance postérieure au jugement, sans que le cocontractant n’accepte de délai, entraîne également une résiliation de plein droit.

La résiliation judiciaire à la demande de l’organe de la procédure

Indépendamment de ces hypothèses, le mandataire ou le liquidateur peut demander au juge-commissaire de prononcer la résiliation d’un contrat en cours lorsque celle-ci est nécessaire à la sauvegarde du débiteur et ne porte pas une atteinte excessive aux intérêts du cocontractant. Ces deux conditions sont cumulatives et appréciées au cas par cas.

Le cas particulier du bail commercial

Le Code de commerce prévoit un régime spécifique pour les baux portant sur des locaux utilisés par l’entreprise : le bailleur ne peut agir en résiliation ou en constater les effets pour défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement d’ouverture qu’à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de ce jugement.

Comme pour les autres contrats, une clause résolutoire acquise et devenue définitive avant l’ouverture de la procédure conserve ses effets.

Les conséquences pour le cocontractant

Les créances nées avant le jugement d’ouverture doivent être déclarées au passif de la procédure, y compris lorsqu’elles résultent d’une inexécution antérieure. Les dommages-intérêts éventuellement dus en cas de résiliation ou d’inexécution constituent également une créance à déclarer selon les mêmes modalités. Le cocontractant peut, le cas échéant, différer la restitution des sommes versées en excédent jusqu’à ce qu’il soit statué sur ces dommages.

Pourquoi consulter un avocat pour la poursuite ou la résiliation d’un contrat en cours

L’articulation entre les délais de mise en demeure, les conditions de la résiliation judiciaire et les règles propres à certains contrats, comme le bail commercial, rend ce domaine particulièrement technique. Notre cabinet analyse la situation contractuelle, sécurise le traitement du dossier et vous représente, que vous soyez cocontractant ou organe de la procédure, devant le juge-commissaire ou la juridiction compétente.

Un contrat prend-il automatiquement fin à l'ouverture d'une procédure collective ?

Non, le Code de commerce interdit toute résiliation résultant du seul fait de l’ouverture de la procédure.

Le sort du contrat dépend de l’option exercée ensuite par le mandataire, le débiteur ou le liquidateur.

Qui décide de la poursuite d'un contrat en cours ?

L’administrateur, lorsqu’il en est désigné un, en sauvegarde et en redressement judiciaire. À défaut d’administrateur, le débiteur, après avis conforme du mandataire judiciaire.

En liquidation judiciaire, le liquidateur.

Quel délai pour obtenir une réponse sur la poursuite du contrat ?

Le cocontractant peut mettre en demeure l’organe compétent de se prononcer. À défaut de réponse dans le délai d’un mois, le contrat est résilié de plein droit, sauf prorogation accordée par le juge-commissaire dans la limite de deux mois.

Que devient une clause résolutoire prévue au contrat ?

La loi neutralise également toute clause résolutoire liée au seul fait de l’ouverture de la procédure. Une clause déjà acquise et devenue définitive avant le jugement d’ouverture conserve en revanche ses effets.

Comment sont payées les prestations postérieures au jugement d'ouverture ?

En principe au comptant, sauf si l’organe compétent obtient l’acceptation de délais de paiement par le cocontractant.

Le régime est-il le même pour un bail commercial ?

Il est adapté : le bailleur ne peut agir en résiliation pour défaut de paiement des loyers postérieurs au jugement qu’à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de ce jugement.

Pourquoi consulter rapidement un avocat en cas de contrat en cours contesté ?

Les délais de mise en demeure et de résiliation sont brefs et leur computation est technique. Un examen rapide du dossier permet de sécuriser la position du cocontractant ou de l’organe de la procédure.

Très réactif, avec des réponses sous 24 h, partout en France

Contactez-nous directement pour obtenir un premier échange et un rendez-vous de découverte offert.

Nos autres services pour les entreprises en difficulté

Ils nous font confiance

Publié sur Google Google
ayoub bensoula profile picture
ayoub bensoula
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Très bon échange avec Maître Apacheva. Elle a pris le temps d’écouter ma situation, de répondre clairement à mes questions et de m’expliquer les possibilités qui s’offrent à moi. J’ai apprécié son sérieux, son écoute et ses conseils. Je recommande vivement.
Publié sur Google Google
Claude LSH profile picture
Claude LSH
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Excellente prestation Une vraie qualité d analyse juridique Sérieux et compétence
Publié sur Google Google
Abdel M profile picture
Abdel M
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Un immense merci à Maître Zaira Apacheva pour son accompagnement. Elle a repris mon affaire seule et a réussi à obtenir un dénouement inattendu et très favorable. Sa ténacité et son expertise font toute la différence. Je vous conseille vivement de lui faire confiance pour vos procédures, vous serez entre d'excellentes mains.
Publié sur Google Google
Frederic Josserand profile picture
Frederic Josserand
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Je conseille fortement Maître Apacheva, réponse rapide et très bon conseille Merci pour cet échange téléphonique de qualité
Publié sur Google Google
Joëlle profile picture
Joëlle
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Maître Apacheva a été professionnelle, claire et à l’écoute. Même si je n’ai pas poursuivi la procédure, j’ai beaucoup apprécié son sérieux.
Publié sur Google Google
M GG profile picture
M GG
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Très content de notre accompagnement et des conseils de maître Apacheva
Publié sur Google Google
Ata Bâtiment profile picture
Ata Bâtiment
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
⭐⭐⭐⭐⭐ Excellente avocate d’affaires, professionnelle et efficace J’ai eu l’occasion de travailler avec Maître APACHEVA, et je suis extrêmement satisfait de son professionnalisme et de son expertise. Elle a su m’accompagner avec rigueur et clarté dans une situation complexe, tout en restant disponible et à l’écoute tout au long du processus. Son analyse précise, sa réactivité et ses conseils stratégiques m’ont permis de gérer mes affaires avec confiance et sérénité. Elle maîtrise parfaitement son domaine et sait expliquer les choses de manière simple et compréhensible. Je recommande vivement ses services à toute personne ou entreprise ayant besoin d’un accompagnement juridique de qualité. Merci encore pour votre excellent travail ! Karagoz Ata
Publié sur Google Google
Hamid Yousfi profile picture
Hamid Yousfi
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Très bon avocate, très bonne conseillère Elle défend très bien les dossiers, question de droit elle est très forte , je suis très heureux De faire partie de ses clients
Publié sur Google Google
adel yagoubi profile picture
adel yagoubi
Google star 1Google star 2Google star 3Google star 4Google star 5Trustindex vérifie que la source originale de l'avis est Google.
Très professionnel et très respectueuse et sérieuse dans son domaine je vous recommande fortement maître APACHEVA
Téléphone